De septembre 2014 à septembre 2015 ont lieu des rencontres sur fond d’écriture d’un répertoire consacré à Thiers. Un point de départ sous la forme d’un manifeste, puis une élaboration au fil des mois, où l’écriture d’un long poème croise la venue d’invités et la découverte de lieux nouveaux dans la ville. En vue de la création d’un disque en juin 2016.


Septembre 2014

Manifeste

Ville fantôme ou ville fantasme. Ville de végétation. Passé non enfoui, ville ouverte, ville paysage. Ville désirée. Ville méprisée. Ville, décor. Ville enlisée. Ville cruelle. L’espace n’est pas toujours plein de promesses, ou de sauvage vacance. Ville courbaturée. Elle fuit vers le bas, vers les centres commerciaux. Elle fuit : peut-elle faire autrement, soumise à la gravité comme toute chose terrestre ? Et pourtant, l’homme l’avait voulue affrontant le vertige, prête à l’envol. Un monde nage la tête, impassible et souveraine, hors de l’eau. Sous l’eau, le plancton et les sirènes. La ville, mi océan, mi lac, théâtre de naufrages, lieu de tempêtes, vague charriant une multitude de vies, de brisures, de coquilles. Ville déguisée. La folle nature enjambant bourrée d’énergie ces bâtiments d’humains qui furent un temps tout aussi effrénés à la confection de quelque chose. Tel l’écho qui se répercute grâce au vide : frénésie et sommeil, intensité du calme qui recouvre et embrasse celle de l’activité de l’homme. C’est comme si l’imagination n’avait pas de répit, dans ces lieux aussi désolés que saturés de vie. Dans ces conditions, l’on peut attendre de l’endroit qu’il nous livre quelque secret de fabrication : qu’attend-t-on du travail humain ? Que percevons-nous de celui de la nature ? Et que nous avisons-nous de penser sur celui du temps ? Ville noire. L’ostinato des vestiges coexiste avec l’opiniâtreté des constructions nouvelles, de pavillons ou de centres commerciaux. Mais est-ce pour changer d’air que l’on construit un centre commercial ? Ténacité des vestiges. Le temps que ces bâtiments extraordinaires charment un investisseur. Ville dorée. Ville colère. L’utopie ne se réalise que partiellement, même si elle échoue néanmoins elle prend corps. On peut la saisir avec nos sens. La mutuelle, la sécu c’est l’utopie de la solidarité et du collectif, façonnée par la réalité de l’injustice. La peur alors d’accepter et de pérenniser un système injuste. Puis l’expulsion de la peur, comme l’air des poumons. Ville miroir. Ville actuelle. Comme une immense sculpture ou une photo vivante, la ville se dépliera, on pourra la toucher.


Janvier 2015

DUROLLE 


Février 2015

AU FIL DU TEMPS SOUS LA NEIGE

 

 

Avec les couturières de l’atelier Au fil du temps (Vallée des usines, Thiers) et le photographe Hector Olguin (Paris). 

 

Mars 2015

GARE AU DJ  

Hommage au mythique musicien thiernois Loulou Bernard

Des personnages fuient dans le temps en éclatant de rire. Invisible élastique entre l’habitant et la grande Habitée, histoire de l’un dans celle de l’autre. 

Avec les thiernois Clément Fabre, Thomas Gomez, Sébastien Bordel et Rémi Gonin et, venant de Paris, le guitariste Richard Comte. 

 


Avril 2015

GALERIE MARCHANDE 


Mai 2015

LE CALME

 

Sauvage Vacance, à ce moment du poème, ouvre la focale, considère le paysage, avec calme, et le mange, avec appétit. C’est une plongée non plus dans la Durolle mais dans la discrétion de la ville. Sarah Chaumette se joint au duo.

 


Juin 2015

GLONG

Ce chant est une introspection non verbale dans le passé, un poème visuel. Sons et mouvements ressemblent aux eaux des anciens biefs lorsqu'elles devaient ricocher sur les plaies des cailloux et des pales en métal. Un lamento monte des eaux, sur ces pales percutées par le vol d'un oiseau avertisseur.

Soledad Zarka est notre invitée dans la Vallée des Rouets. 


Juillet 2015

DUROLLE Emballée 


Août 2015

DIVAGATION

Retour sur le lieu où a été écrit le premier chant du poème de Sauvage Vacance : ce n’est plus la page immaculée du début. Dans ce bar, un peu d’air vient calmer ces essoufflements dus au découragement, on pose les yeux sur ces ratés qui ont soulevé des mondes humains, il peine à expliquer qu’un désir de fuir s’épuise, qu’un rêve s’écrit sinon rien. Il peine vraiment, à Thiers ou ailleurs c’est égal. "La pulsation de la fête s'arrête et repart". Deux nouveaux invités : David Codina-Bosch au piano, organetto et machines puis Vladimir Vilar-Mercader, sax en costume de pêcheur.  Et cet inoubliable Enclume et Clicks de Pêc dans la Durolle, invoquant du Melville, du PoulainJar, et de l'harmonium d'usine.


Septembre 2015

ODE À UNE VILLE D’ENVIRON 11 000 HABITANTS EN 2015.

A la fin du poème, une ode à cette ville vient s’éclater contre un poteau. Fin du cycle, PoulainJars se retrouve « seul » et gorgé de contributions délicieuses qui ont jalonné ces derniers mois.

2016

DISQUE-TEXTE

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Objet par Elise Gabriel et Jeanne Monteix